Le principal point à retenir sur le plan macroéconomique est que le risque géopolitique redevient une variable économique pour l’Asie, et non seulement une variable diplomatique. Les tensions liées à l’Iran, combinées à de nouveaux chocs politiques aux États-Unis, soulèvent des questions sur les routes commerciales, la sécurité énergétique et la confiance des investisseurs dans la région.
La préoccupation la plus immédiate concerne le détroit d’Ormuz. Les remarques de Trump selon lesquelles l’Iran a tiré sur un navire sud-coréen et son appel à Séoul pour qu’il se joigne à la mission soulignent le risque que l’instabilité du Moyen-Orient se répercute sur les transports maritimes, les assurances et les économies asiatiques sensibles au pétrole.
Cette même instabilité crée également des ouvertures commerciales. Un rapport du South China Morning Post indique que l’incertitude liée à la crise au Moyen-Orient étend l’influence agrochimique de la Chine, les agriculteurs chinois continuant les semis de printemps avec des perturbations limitées tandis que les marchés extérieurs sont confrontés à davantage de tensions.
Au niveau politique, le Japon affiche un rôle stabilisateur à travers le financement du développement. Lors de la réunion annuelle de la Banque asiatique de développement en Ouzbékistan, le ministre des Finances Katayama a souligné le soutien aux économies en développement par le biais d'une coordination avec la BAD, alors que les inquiétudes grandissent quant à la manière dont la situation iranienne pourrait affecter l'économie de l'Asie-Pacifique dans son ensemble.
Dans le même temps, les tensions politiques et institutionnelles américaines plus larges restent en toile de fond. La couverture médiatique des prix Pulitzer s'est largement concentrée sur les reportages sur Trump et ses politiques, tandis qu'un autre article du SCMP affirmait que la domination technologique américaine limitait l'accès du Sud, renforçant les inquiétudes concernant la fragmentation des systèmes technologiques et un développement inégal.
Pour l’Asie, ces évolutions sont importantes car elles resserrent le lien entre géopolitique et résultats macroéconomiques. Des risques plus élevés en matière d’énergie et de fret peuvent alimenter l’inflation, les frictions technologiques et commerciales peuvent peser sur la productivité et la croissance, et les réponses politiques des gouvernements et des organismes multilatéraux façonneront la manière dont les marchés évaluent la résilience dans la région.