Le message macroéconomique le plus clair est que l’Europe doit à nouveau absorber des chocs extérieurs. Le pétrole atteignant son plus haut niveau depuis 2022, après un rapport selon lequel le président Donald Trump serait informé des nouvelles options iraniennes, accentue le risque d'inflation au moment même où les banques centrales cherchaient une marge d'assouplissement.
Ce risque est à l’origine des derniers signaux de la Banque d’Angleterre. Sa réunion a mis en évidence la manière dont un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait se répercuter sur les hypothèques, les factures des ménages et l'emploi, tout en renforçant également l'incertitude des perspectives du Royaume-Uni si la hausse des coûts de l'énergie persiste pendant des mois.
Ces préoccupations surviennent alors que le Royaume-Uni est déjà confronté à des pressions sur l’économie réelle. Le projet de Whitbread visant à supprimer 3 800 emplois et à rénover ses hôtels-restaurants laisse présager un environnement de consommation et de coûts plus difficile, les entreprises étant toujours à la recherche d'économies même si les pressions sur les salaires et les emprunts restent élevées.
La politique commerciale offre un tableau plus mitigé. L’indication de Trump selon laquelle il supprimerait les restrictions affectant la capacité de l’Écosse à travailler avec le Kentucky sur le whisky et le bourbon suggère une certaine marge d’assouplissement dans un domaine politiquement sensible, même si cela ne fait pas grand-chose pour compenser l’incertitude plus large qui pèse sur le commerce transatlantique et la planification des affaires.
Les gros titres des entreprises reflètent également un contexte mondial changeant. La description par Apple d’une demande « extraordinaire » pour l’iPhone, parallèlement au départ prévu de Tim Cook après 15 ans et à la succession de John Ternus, témoigne de la résilience d’une multinationale clé, même si les investisseurs se demandent si la forte demande des consommateurs peut résister à un environnement géopolitique et de taux plus volatil.
Pour l’Europe, l’effet combiné est ce qui compte le plus : les risques d’inflation liés à l’énergie, une visibilité plus faible pour les ménages et les entreprises et une confiance inégale des entreprises. Cette combinaison complique la voie aux baisses de taux, assombrit les perspectives de croissance et rend les marchés très sensibles aux nouvelles évolutions du pétrole, aux signaux politiques et aux tendances de l’emploi.