Le principal signal macroéconomique est qu’une nouvelle hausse des prix du pétrole resserre les conditions financières pour les consommateurs et les entreprises, alors que de nombreuses économies restent vulnérables à une demande plus faible. Avec le retour du brut au-dessus de 100 dollars, le risque est que l’énergie devienne une nouvelle source de persistance de l’inflation plutôt qu’un frein qui s’estompe.
L’échec des négociations entre les États-Unis et l’Iran a fait craindre une perturbation plus profonde de l’approvisionnement au Moyen-Orient, et cela se manifeste désormais sur les marchés du carburant. Les reportages de la BBC associent directement l’échec des négociations aux craintes d’une aggravation de la crise énergétique mondiale, renforçant ainsi la sensibilité des prix à la géopolitique.
La réponse des consommateurs est déjà visible. Aux États-Unis, les conducteurs recherchent du carburant moins cher sur les terres amérindiennes où les exonérations fiscales peuvent faire baisser les prix à la pompe, tandis que dans le sud de l'Angleterre, les chauffeurs de taxi et les agriculteurs seraient de plus en plus confrontés à la hausse des coûts du carburant.
Certains signes indiquent également que le coût élevé de l’énergie et l’incertitude liée à la guerre pèsent sur l’activité au-delà des secteurs à forte consommation de carburant. Les ventes de logements aux États-Unis sont tombées à leur plus bas niveau depuis neuf mois alors que les acheteurs sont devenus plus prudents, ce qui suggère qu'une incertitude accrue et des budgets serrés des ménages commencent à geler les décisions discrétionnaires.
Pour l’Europe, la signification plus large est claire : un nouveau choc des prix pétroliers compliquerait les perspectives d’inflation, affaiblirait les revenus réels et accroîtrait la pression sur les industries sensibles à l’énergie. Cela est important pour la croissance, pour les banques centrales qui évaluent dans quelle mesure leur politique doit rester restrictive et pour les marchés qui tentent de juger si la géopolitique maintiendra les prix des matières premières et le risque d’inflation à un niveau élevé.