L’économie espagnole envoie des signaux mitigés : l’emploi atteint un record et les investissements étrangers s’effondrent

URL copiée !

L’Espagne présente une situation macroéconomique divisée : le marché du travail reste résilient, avec un nombre record de 22 millions d’inscrits à la sécurité sociale, même si les investissements directs étrangers sont tombés à leur plus bas niveau depuis 2021. Dans le même temps, la hausse des coûts de l’énergie liée aux tensions autour de l’Iran se répercute sur les organisations caritatives, le tourisme et le transport maritime, soulignant à quel point les chocs géopolitiques continuent de façonner les perspectives de l’Europe. Cette combinaison laisse présager une dynamique intérieure solide à court terme, mais des risques externes croissants pour les coûts, la confiance et les flux de capitaux.

Le constat macroéconomique le plus évident est que certaines parties de l’économie du sud de l’Europe restent solides, mais que la région reste vulnérable aux chocs extérieurs. La création record d’emplois en Espagne suggère que la demande des ménages et l’activité des services ont résisté, mais la forte baisse des investissements étrangers témoigne d’une moindre confiance dans le capital à moyen terme du pays.

Les inscriptions à la sécurité sociale en Espagne ont atteint un niveau record en mars après la création de plus de 211 000 emplois, aidés par la semaine de Pâques, tandis que le chômage a légèrement diminué. Cela renforce l’idée selon laquelle le marché du travail continue de soutenir la croissance, même si une partie de cette poussée reflète l’embauche saisonnière dans le tourisme et les services associés.

Mais cette vigueur a été contrebalancée par des données d’investissement plus faibles. Les chiffres officiels montrent que les investissements directs étrangers en Espagne ont chuté de 21,8 % en 2025 pour atteindre 30,764 milliards d'euros, le niveau le plus bas depuis 2021, malgré les attentes selon lesquelles les fonds européens contribueraient à attirer des capitaux. Cela suggère que les investisseurs restent prudents à l’égard de l’environnement commercial au sens large, même si l’activité nationale se montre résiliente.

Ailleurs, les effets économiques de la hausse des prix de l’énergie deviennent plus visibles. Le projet Felix a déclaré qu'il ressentait la pression de l'augmentation des coûts liée au conflit impliquant l'Iran, tandis que les opérateurs touristiques ont déclaré qu'un début d'année prometteur avait été compromis par l'incertitude, même si certaines opportunités ont également émergé.

L’histoire du transport maritime renforce ce point. Un navire français semble être devenu le premier navire appartenant à une grande entreprise européenne à traverser le détroit d’Ormuz depuis le début du conflit, soulignant à la fois la persistance des flux commerciaux et la sensibilité de l’économie européenne aux perturbations de l’énergie et des transports. Par ailleurs, la propagation continue du travail à distance soutient l’activité dans les villes côtières, démontrant à quel point les changements structurels dans les lieux de vie et de dépenses des gens continuent de remodeler les économies locales.

Ensemble, ces évolutions sont importantes car elles laissent entrevoir une Europe confrontée à deux forces concurrentes : d’un côté un emploi résilient et une demande régionale changeante, et de l’autre la pression géopolitique sur l’énergie, les transports et la confiance des investisseurs. Pour la croissance et les marchés, cette combinaison soutient l’activité à court terme mais augmente le risque d’une inflation plus forte et d’un contexte politique plus complexe si les coûts externes augmentent encore ou si l’investissement reste modéré.

Ouvrir les graphiques associés

Rendement des bons du Trésor 10 ans

Données Associées