À l'ouverture des marchés de Tokyo en début de semaine, la réaction aux tensions géopolitiques du Moyen-Orient a été immédiate. Face à l'intensification des attaques militaires menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, les inquiétudes concernant l'approvisionnement en pétrole se sont propagées, créant une perturbation en chaîne sur les prix de l'énergie et les marchés financiers.
Le mouvement le plus apparent concerne les prix du pétrole. Les contrats à terme du marché pétrolier de Tokyo ont fortement augmenté, atteignant leurs plus hauts niveaux depuis environ un an. Cette hausse reflète les préoccupations du marché quant à une possible réduction de l'approvisionnement en pétrole en provenance du Moyen-Orient. Point particulièrement notable : la navigation dans le détroit d'Ormuz subit des perturbations. Ce détroit est un point d'étranglement crucial pour le commerce mondial du pétrole, par lequel passe la majorité des importations pétrolières du Japon. Itochu, l'un des grands trading-houses japonais, a déjà signalé des perturbations partielles dans les expéditions de pétrole brut et de produits pétroliers en provenance du Golfe Persique, indiquant que les activités économiques réelles commencent à être affectées.
L'impact sur les marchés actions s'avère grave. Le 2, à l'ouverture hebdomadaire, l'indice Nikkei a connu une chute massive dépassant temporairement les 1500 points. Cette pression à la vente découle des préoccupations concernant l'impact négatif que l'augmentation des prix du pétrole exercerait sur l'économie japonaise et mondiale dans son ensemble. La hausse des coûts énergétiques comprime la rentabilité des entreprises et accroît les charges pour les consommateurs. Les participants au marché craignent une propagation de ces effets à l'ensemble de l'économie.
Remarquablement, au cours de la même semaine, le prix de détail domestique de l'or a augmenté de plus de 1100 yens par gramme, atteignant des niveaux proches de ses records historiques. L'or fonctionne traditionnellement comme actif refuge. Cette dynamique reflète clairement la psychologie du marché : lorsque les risques politiques et militaires augmentent, les investisseurs transfèrent leurs fonds vers des actifs sûrs.
Pour l'économie japonaise, la plus grande préoccupation reste la possibilité d'une perturbation prolongée de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Le Japon dépend à environ 90% du Moyen-Orient pour ses importations de pétrole brut, une dépendance particulièrement élevée parmi les nations développées. Si les perturbations de navigation persistent pendant plusieurs semaines, des effets négatifs en cascade se produiront : augmentation des prix de l'essence, hausse des tarifs d'électricité et de gaz, ainsi que augmentation des coûts de transport.
Le gouvernement et les entreprises surveillent étroitement la situation locale. À court terme, une augmentation inévitable de la volatilité des marchés est attendue, et les investisseurs adopteront une posture plus prudente. Parallèlement, les perspectives concernant la durée de cette crise constitueront un facteur clé influençant l'orientation du marché. Actuellement, nombreuses sont les voix exprimant des inquiétudes quant à une escalade militaire supplémentaire au Moyen-Orient, tandis que des rapports mentionnent également des cyberattaques, suggérant que le conflit pourrait s'étendre au-delà des opérations militaires conventionnelles. L'économie japonaise dans son ensemble fait face à une période mettant à l'épreuve sa résilience.