Le principal point à retenir sur le plan macroéconomique pour l’Asie est que la sécurité énergétique reste le principal canal de transmission de la géopolitique vers la croissance et l’inflation. L’affirmation de Trump selon laquelle un accord avec l’Iran et l’ouverture du détroit d’Ormuz sont en grande partie négociés offre un signal potentiellement constructif concernant le risque lié au transport du pétrole, mais l’absence de détails finaux signifie que les marchés devraient encore évaluer avec prudence.
Ce message a été renforcé en Asie par la réunion des ministres du Commerce de l’APEC en Chine, où les responsables ont mis l’accent sur la coopération pour maintenir des chaînes d’approvisionnement solides pour l’énergie et d’autres biens clés. Ce timing reflète la manière dont les décideurs politiques de la région tentent de limiter l’exposition à l’instabilité du Moyen-Orient, en particulier pour les économies dépendantes des importations et sensibles aux coûts du carburant et aux perturbations du fret.
Ailleurs, des informations faisant état de possibles coups de feu près de la Maison Blanche, qui ont déclenché une réponse au confinement, ont ajouté à un sentiment plus large d’incertitude politique et sécuritaire aux États-Unis. Même si les implications économiques immédiates ne sont pas claires, de tels incidents peuvent accroître l’aversion au risque à un moment où les investisseurs surveillent déjà de près les points chauds géopolitiques.
La décision de la France d’exclure le ministre israélien Itamar Ben-Gvir de son territoire témoigne de frictions diplomatiques croissantes entre les gouvernements occidentaux à propos du Moyen-Orient. Cela est important car l’élargissement des divisions politiques entre les alliés des États-Unis pourrait compliquer la coordination en matière de sanctions, de sécurité maritime et de gestion des crises, qui affectent toutes les routes commerciales et les prix des matières premières.
En dehors de la sphère géopolitique immédiate, l’aggravation de la situation d’Ebola dans l’est du Congo a mis en évidence une autre vulnérabilité du côté de l’offre. Une épidémie à propagation plus rapide, combinée à une faible recherche des contacts, augmente le risque de perturbations locales et s’ajoute à la liste des chocs non liés au marché qui peuvent affecter la logistique, la disponibilité de la main-d’œuvre et la confiance.
Par ailleurs, la Palme d’Or remportée par Cristian Mungiu à Cannes n’a eu que peu de signification macroéconomique directe, mais le tableau d’ensemble du week-end était celui de fragiles efforts de stabilisation en concurrence avec des risques politiques, sécuritaires et sanitaires persistants. Pour l’Asie, les implications se font sentir au niveau des prix du pétrole, de la résilience de la chaîne d’approvisionnement et de la confiance, ce qui rend ces évolutions pertinentes pour les tendances de l’inflation, la prudence politique et la volatilité des marchés à court terme.